HARLEY DU PARADIS A L'ENFER

Publié le par Eliane LECUYER

JEUDI 6 DECEMBRE 2007

Rien n'est jamais acquis à l'homme.

Ni sa force, ni sa faiblesse, ni son coeur.

Et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix.

Et quant il croit serrer son coeur, il le broie.

L. ARAGON

 

Si rien n'est acquis à l'homme, qui a une part de libre arbitre dans son sort, que dire de l'animal qui, lui ne peut que subir ce que les hommes lui infligent ?

Quand il a la chance de connaître le bonheur, un bonheur qui se contente d'amour auprès d'un maîte adoré et que d'une minute à l'autre, tout bascule dans l'horreur, que se passe t-il dans sa tête ?

On ne peut lui expliquer, tout à coup, il n'y a plus rien de ce qui faisait son bonheur : les chers, si chers habitudes, il n'en reste aucune. Pourquoi ?

Cette descente en enfer, combien de pauvres bêtes la connaissent au décés d'un maître bien-aimé. Les promesses des héritiers sont souvent pire que tout, combien de chiens se retrouvent attachés à un arbre ?

Mais ce qu'un couple odieux a infligé au malheureux Harley pendant le séjour en maison de retraite de son maître est un des pires actes de cruauté que nous avons vu au refuge depuis qu'il existe.

Que s'est-il passé dans la tête d'Harley, le jour où son maître est parti, quand on l'a sorti de la maison où ils vivaient depuis plus de 10 ans ensemble jour et nuit ? Quand cette femme odieuse et son mari l'ont conduit au bout des bâtiments vides et l'ont fait entrer dans un réduit, fermé par des tôles où jamais il ne serait allé du tems de son maître ?

Que s'est-il passé dans sa tête quand la grille de cet appenti s'est refermé sur lui ? Le désespoir, l'incompréhension ! Mon maîte où es-tu ? Qu'est ce qu'il m'arrive ?

Et pendant 3 ans, il n'a plus rien vu, plus rien entendu, séquestré à l'écart de toute vie. De temps à autre, une voisine agée venait jeter quelques croquettes, pour le maintenir juste en vie. Comme ont dit ces odieux personnages aux enquétrices : "il nous servait à garder les valeurs". Que pouvait-il garder, enfermé ? il n'y avait personne pour l'entendre et c'est un épagneul breton, chien de chasse et non chien de garde.

Peut-on imaginer la détresse de ce pauvre vieux chien sans chaleur, sans repas chaud ? et le maître qui n'apparait plus au bout du chemin où ils allaient toujours ensemble.

Oui s'est pire encore que d'aller le perdre dans la nature où il aurait pu être sauvé. Mais il était tatoué et l'on aurait su qu'il appartenait à ce maître connu et respecté de tous et quel scandale !!!

HARLEY, pauvre vieux chien martyr victime de la pire cruauté imaginable. Qu'a t-elle cette femme à la place du coeur et de la conscience ? 

 

 

Commenter cet article